Dans le bal des élections des couples se forment : Jadot et Hamon, Bayrou et Macron… Chacun y va de sa tactique de fusion dans l’espoir de conquérir un plus grand électorat. C’est dire si ce qui importe à ces politiciens professionnels, bien plus que les programmes qu’ils défendent, c’est l’exercice du pouvoir.
À droite, rien de nouveau
Fillon fait campagne sur la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires, soit moins d’accès aux services publics pour nombre de travailleurs. À chacun de débourser davantage pour sa santé, ou pour la scolarité de ses enfants. Et Macron lui emboîte le pas en annonçant la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires. On est rassuré.
En opposant salariés du public et du privé, ces candidats n’ont pour objectif que la précarisation de l’ensemble du monde du travail pour contenter leur ami Gattaz, le président du MEDEF.
À gauche, on connaît déjà
Hamon, le candidat relooké du PS ? Un PS au gouvernement qui depuis cinq ans a cumulé les lois contre les travailleurs, à commencer par la Loi Travail dont on commence à ressentir les effets dans les entreprises. Hamon et son revenu universel ne peuvent nous faire croire que le PS se mettrait à défendre nos intérêts. Il entérine la précarité, en voulant instaurer une formule qui permet de pérenniser le chômage de masse en promettant quoi ? 750 euros pour survivre pendant que les patrons continuent de licencier quand bon leur semblera ? C’est loin de nous promettre des jours meilleurs.
Quant à Mélenchon, il se borne à des promesses : remettre l’âge de départ à la retraite à 60 ans… mais avec 40 annuités. Et augmenter, un peu, le Smic… Quand ? Comment ? Cela, il ne le précise pas, ni la façon dont il compte l’imposer. Des promesses qui risquent de vite tomber à l’eau sans une mobilisation massive des travailleurs.
Au FN, le racisme pour programme
Marine Le Pen, qui fait l’objet avec son père d’une enquête pour avoir sous-évalué son patrimoine de 60 % (une pratique courante chez les millionnaires) entend bien défendre les mêmes intérêts que les autres : ceux de la bourgeoisie. Elle prône la division en voulant faire croire que les maux des travailleurs viendraient des réfugiés. Mensonge ! Les problèmes de la classe ouvrière viennent des licenciements, de la précarité…
Que compte-t-elle imposer aux patrons ? Rien, et surtout pas mettre fin aux cadeaux faits au patronat comme le CICE. Elle s’est même prononcée pour l’interdiction des manifestations contre les violences policières après le viol de Théo. Encore une qui veut museler ceux qui entendent ne pas se laisser faire.
Le seul ouvrier en campagne
Les seuls candidats qui appellent les travailleurs à s’emparer eux-mêmes de leurs destinées en imposant par la mobilisation l’application de mesures d’urgence, ce sont les candidats communistes révolutionnaires Nathalie Artaud (LO) et Philippe Poutou (NPA).
Ce dernier est en effet mieux placé que tous les politiciens qui nous bercent de douces (même pas toujours) promesses, pour savoir quels sont nos besoins. Philippe Poutou, ouvrier à l’usine Ford de Blanquefort, subit les mêmes politiques patronales que nous tous. Toujours en mouvement avec ses collègues contre la menace de fermeture de son usine, il lutte comme bien d’autres travailleurs aujourd’hui pour ses conditions d’existence.
Encore à la recherche des 500 parrainages d’élus requis pour se présenter aux élections, ce serait un comble que le seul candidat travailleur en lutte, soit empêché de se présenter.
Interdiction des licenciements,
Partage du travail entre tous sans diminution de salaire, augmentation du Smic à 1 700 euros net et de tous les salaires d’au moins 300 euros…
Voilà ce que défend Philippe Poutou. Si cela jure au milieu de tout le beau monde habitué des plateaux télés, tant mieux : c’est notre voix, celle qui défend nos intérêts.