L’extrême droite suédoise n’a pas obtenu le raz-de-marée promis par son leader aux législatives de ce dimanche. Mais elle réalise son meilleur score et pourrait jouer les arbitres dans la formation du prochain gouvernement. L’extrême droite gagne des voix un peu partout en Europe, voire parvient au pouvoir, comme en Italie ou en Autriche. Le retour des chemises brunes, comme si l’Histoire bégayait…
Les migrants comme boucs émissaires
Certes, les raisons de cette poussée électorale varient d’un pays à l’autre. Mais le rejet des migrants joue partout un rôle moteur. C’est en polarisant les législatives allemandes de 2017 sur ce thème que le parti d’extrême droite AfD a fait une percée. Dans la récente vague d’agressions commises contre des étrangers, entre autres à Chemnitz, on a pu constater un partage des rôles : aux néonazis l’action violente, à l’AfD les déclarations médiatiques pour les justifier.
La réaction de la chancelière allemande Merkel à la percée réactionnaire de l’automne dernier a été de surenchérir elle aussi contre les migrants, même si aujourd’hui, face à l’extrême droite qui utilise la situation pour engranger des voix en vue d’une élection à venir en Bavière, elle tente de rassembler autour d’elle tous ceux que choquent les exactions violentes contre les migrants.
Tous à la remorque de l’extrême-droite
Quant à Macron, élu avec les voix de ceux qui craignaient une victoire de Le Pen, c’est lui qui ferme les frontières. Il fait la leçon au demi-fasciste Salvini, ministre de l’Intérieur d’Italie, parce qu’il interdit aux migrants sauvés en mer de débarquer dans son pays. Mais lui-même s’oppose avec la dernière énergie à leur entrée en France.
Non seulement la politique d’un Macron est abjecte, mais en plus elle renforce l’extrême droite. Il y a deux ans, le gouvernant prétendu socialiste slovaque a fait campagne sur ce thème anti-migrants. Il est passé de 44 % à 28 % des voix, tandis que des néonazis entraient pour la première fois au Parlement.
Moins de droits et de libertés
Mais l’extrême droite a d’autres cibles pour pourrir la vie de tous. En Pologne, le parti PiS au pouvoir veut durcir la législation sur l’avortement. En Hongrie, le Premier ministre Orbán contrôle étroitement les médias et les contenus enseignés à l’école, et empêche les associations critiquant sa politique de fonctionner. Alors que treize personnes ont essayé d’entrer en Hongrie le mois dernier, il prolonge au nom de la « menace migratoire » un état d’urgence qui bride les libertés de tous les Hongrois.
L’extrême droite prétend défendre les travailleurs le temps de capter leurs votes. Mais, au pouvoir, elle leur mène la guerre. En Autriche, le Le Pen local, Strache, gouverne avec le Macron du coin, Kurz. Ensemble, ils ont fait voter en juillet le passage de la semaine maximale de travail de 44 à 60 heures.
Au pouvoir ou pas, l’extrême droite cherche partout à détourner les salariés de la lutte contre leurs patrons. À faire en sorte que les travailleurs s’en prennent les uns aux autres, les autochtones ou arrivés de longue date aux immigrés, plutôt que de s’en prendre aux capitalistes fauteurs de chômage et de bas salaires.
Se garder des démagogues
Faire des plus vulnérables, des plus pauvres, de ceux qui ne peuvent même pas voter, les responsables de tous les malheurs de la société ne demande pas un grand courage. C’est à la portée du plus minable des politiciens. Que certains à gauche s’y essaient, comme Wagenknecht en Allemagne ou Mélenchon en France, n’est pas une bonne nouvelle. Pour relever la tête face aux patrons et faire reculer Macron et le Medef, le monde du travail a besoin de garder les idées claires alors que le capitalisme fait peser toujours plus de menaces sur toute l’humanité.