
Vendredi dernier, Macron a présenté son plan contre le « séparatisme islamique ». D’un côté, le président des riches compte siphonner quelques voix au RN de Le Pen et à la Droite aux prochaines élections. De l’autre, il espère reléguer au second plan l’actualité sociale et sa propre désastreuse gestion de la crise sanitaire.
Faire diversion
Le procès des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher nous rappelle le visage hideux du terrorisme qui se réclame de l’Islam. Mais sous des airs de défenseur de la laïcité, le discours de Macron reprend une démagogie, dont l’extrême droite se fait le porte-drapeau depuis plusieurs années, visant les musulmans et plus généralement ceux qui le sont ou sont supposés l’être : les immigrés et leurs familles.
Alors que l’on recense plus de 12 000 nouveaux cas de Covid par jour, que les plans sociaux s’enchaînent dans les entreprises et qu’il y a déjà plus de six millions de chômeurs, « le problème, c’est le séparatisme islamiste » pour Macron.
À cela, il veut opposer un « Islam des Lumières » compatible avec les valeurs de la République française. Cette même République qui n’a aucun état d’âme à s’appuyer sur le régime obscurantiste d’Arabie saoudite, lui-même parrain de groupes terroristes. Cette République bourgeoise baignée dès sa naissance dans le sang des Communards, ces ouvriers parisiens révoltés de 1871, collaboratrice en 1940 du régime nazi ou encore perpétrant massacres et tortures pendant huit ans de guerre en Algérie…
Séparatisme social
Le véritable séparatisme est social. Et il est orchestré par en haut. Les riches ont leurs beaux quartiers, leurs cliniques et écoles privées souvent religieuses et réservées à la bourgeoisie comme le lycée jésuite où Macron a fait ses études : 17 % de l’enseignement primaire et secondaire est assuré par des établissements catholiques privés.
Pour les pauvres : les suppressions de postes dans les écoles et les hôpitaux, le manque de transports publics, les fermetures d’entreprises et le chômage… Autant de raisons qui expliquent l’enclavement de ces zones « ghettoïsées », la misère de leur population et des problèmes qui en découlent.
« Nous avons nous-mêmes construit notre propre séparatisme, celui de nos quartiers » et « une concentration de la misère et des difficultés » a jugé Macron en excursion aux Mureaux. En réalité, les gouvernements successifs se fichent de la dégradation de la situation des quartiers populaires pour la simple raison qu’ils en sont responsables.
Et quand Macron parle d’y « assurer une présence républicaine en bas de chaque tour », c’est pour y mettre plus de policiers, pas davantage de services publics, de crèches ou de meilleurs logements. Au contraire, la ponction de l’Etat de 1,3 milliard d’euros dans les caisses d’Action Logement (ex 1% Logement) va représenter 30 000 logements sociaux construits en moins cette année.
Alerte sociale maximale
Face à la progression du Covid-19, plusieurs régions sont passées en « zone d’alerte maximale ». Les cafetiers protestent, mais le gouvernement préfère donner ses milliards au grand patronat sans même l’empêcher de licencier. Il ferme les bars tandis que de nombreux travailleurs s’entassent dans les bus ou les métros et passent leurs journées sans mesures sanitaires suffisantes dans certaines usines et bureaux. Dans les écoles populaires, les élèves sont 35 par classe, faute de locaux et d’embauches.
Les choix du gouvernement dans la lutte contre l’épidémie sont des choix de classe. Des centaines de lits d’hôpitaux ont été fermés et aucun moyen supplémentaire n’est mis à la disposition des hospitaliers. Le chômage explose depuis le confinement, mais la Bourse a repris des couleurs…
Démagogie des gouvernants et banqueroute du système capitaliste sont les deux faces d’un même monde dont nous ne voulons plus.